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Le charisme des Soeurs du Bon Secours est quelque chose de spirituel. C’est une inspiration du Saint Esprit donnée pour le bien commun - don reçu pour les autres. Le charisme compris par les premières Soeurs était et reste "dans la prière et dans le travail, comme dans tout contact humain de soulager la souffrance" et quand il n’est pas possible de soulager, de faire prendre conscience à ceux qui souffrent du Dieu compatissant qui les aime; prise de conscience qui les garde dans l’espérance malgré leurs souffrances. |
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La fondation du Bon Secours est partie d’un acte de compassion. Je crois aussi que la justice est au coeur de la mission du Bon Secours. Notre fondation était aussi un acte de justice. Il y a cent soixante-quinze ans une jeune Française voyant la souffrance autour d’elle, souffrance qui résultait du manque de besoins humains de base - physiques et spirituels, a ressenti quelque chose en elle-même qui l’a poussée à entreprendre d’adoucir la souffrance qu’elle voyait. Elle a fait l’expérience de la compassion. Le service du Bon Secours est motivé par la compassion. Les Constitutions des origines des Soeurs du Bon Secours, écrites en 1824 indiquent simplement et avec force les premiers buts de la Congrégation: "soin et accompagnement des malades; pour introduire la religion et le salut dans les maisons des riches et des pauvres spécialement dans leurs derniers moments" Elles déclarent encore ailleurs: "la charité poussait la Congrégation à procurer le soulagement des corps, et autant que possible, le salut des âmes. Dans le langage d’aujourd’hui, le but premier et principal du Bon Secours est d’amener ceux qui souffrent à la prise de conscience d’un Dieu compatissant qui les aime." |
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Et les Soeurs ont pris pour modèle cette compassion. Nos premières Constitutions déclarent que la Soeur doit avoir "une âme compatissante." (1825 Article 6). Et lors des soins aux malades déclarent que "les Soeurs auront pour eux une tendresse compatissante." ( 1825 Chapitre 1, Article 8) Le mot compassion est si fréquemment utilisé dans nos documents d’origine puis dans les documents postérieurs que nous devons être très attentives à sa signification. Quel est le sens de compassion? C’est, "souffrir avec". Bon Secours trouve ce modèle de la compassion dans la Sainte Ecriture.
Notre Dieu est un Dieu compatissant et il nous appelle à la compassion. Bon Secours a été fondé pour guérir toute la personne. Nos apostolats qui apportent la guérison et l’intégrité sont suscités par la compassion - "la compassion conduit une personne à être en relation avec ses semblables. "Notre justice est cette dimension de la compassion qui s’applique à notre prochain." pour que cela soit aussi la nature de la justice - amener une personne à des relations avec ses semblables. Les Premières Soeurs étaient, et Bon Secours est aujourd’hui au service de ceux qui ont besoin de guérison. Nos Constitutions d’origines étaient tellement claires à ce propos que cela nous surprend aujourd’hui. " En règle générale, les devoirs envers les malades passeront avant les exercices de piété..." Notre compassion nous guide dans les relations avec les autres dans notre désir de soulager la souffrance. Au moment où nous devons approfondir le sens de la compassion, il est aussi important que nous comprenions ce que Bon Secours entend par ce mot de guérison. Quand la Commission Mission Bon Secours en Amérique latine a étudié notre charisme, nous avons réalisé qu’il était important de définir le sens du mot guérison pour Bon Secours à cause du danger de s’arrêter à une compréhension très limitée . "Pour Bon Secours "guérir" se comprend au sens le plus large; ce n’est pas limité à guérir au sens de santé. Guérir signifie "rendre entier", physiquement, psychologiquement, socialement, matériellement, intellectuellement. Nous trouvons ce sens large d’abord dans le mot "salut", dont la racine est "guérir". Salut et guérison ne font qu’un. "Nous ne pouvons pas comprendre simplement la signification de la guérison intellectuelle. La guérison qui apporte la libération et la justice demandent que ce que nous faisons soit conforme à ce que nous croyons et proclamons. Si Jésus avait proclamé de vive voix que Dieu l’avait envoyé pour guérir tout en ignorant ceux qui sont les plus meurtris par la société, il aurait été privé de crédibilité et de pouvoir. Jésus, sa guérison s’étendait à la justice. Jésus voyait que les systèmes sociaux étaient la cause de diverses maladies dans la population et il chercha à la libérer de cette oppression. Il enseignait par la parole et par l’action, d’aller à contre-courant des pratiques de Son temps qui étaient l’expression du pouvoir de l’obscurité et qui empêchaient la venue du Royaume de Dieu." Apporter la guérison dans son sens large ...Le charisme du Bon Secours exige que nous pratiquions des aspects de la mission de Jésus qui ont été courageusement assumés par les premières Soeurs du Bon Secours dans leur mission de : guérison - rendre l’intégrité; Libération - rendre libre; et justice - rétablir des relations justes. Les services des Soeurs en 1824 sont centrés sur leur prise de conscience des besoins des malades de toutes les classes de la société et de toutes les religions: besoins physiques suscités par la pauvreté et le manque de possibilité de se soigner ; besoins spirituels apparus après des années de suppression de la religion en France. Les services des Soeurs étaient aussi centrés sur le fait que toute personne a été créée égale; l’âme de tout être humain est à l’image de Dieu, nos premières Constitutions déclarent: "Non seulement nous nous rappelons que nous sommes en présence de Dieu mais encore nous voyons Jésus Christ lui-même dans nos malades, c’est Lui que nous assistons et nous croyons l’entendre nous dire :"Je suis malade, c’est moi que vous soignez." Les Constitutions expriment spécifiquement que nous sommes envoyées pour soigner les riches et les pauvres et elles parlent de nos soins et marques de respect quand nous soignons des personnes d’autres religions. Nos premières Soeurs savaient que chaque être humain est à l’image de Dieu ; que nous sommes appelées à servir, à nous soutenir les unes les autres; dans la compassion nous voyons cela - aucune personne n’est étrangère - NOUS SOMMES UN. L’action du Bon Secours dès l’origine est tout d’abord un service qui consiste à être avec et à agir pour ceux qui sont dans le besoin. La compassion se trouve dans nos actes - nos désirs - le soulagement de la souffrance des autres. Nous suivons un Dieu, un Christ, qui par son sens de compassion nous pousse à des actes extérieurs de secours." "Dans la tradition biblique toute expérience de Dieu conduit à la compassion créative et active envers le prochain." "Connaître Yahvé est faire justice, " disait Jérémie. Les étudiants en Bible disent aujourd’hui qu’il est regrettable que le monde donne un aspect sentimental à la notion de compassion et d’amour et les ont éloignés de la justice. Bon Secours ne doit pas faire de différence entre amour et justice. Justice dans la Bible est amour - charité - la haine dans la bible est "un simple manque de compassion.". . "L’injustice est le premier ennemi de la compassion." La compassion est plus que donner à chacun ce qui est lui est dû. La compassion sans justice, sans action pour soulager les besoins des autres, est une émotion égoïste et égo-centrique. La compassion qui amène à accomplir des actes de justice - d’amour qui conduisent à soulager la souffrance - est une inspiration qui vient de l’esprit de Dieu qui insuffle la vie dans la manière dont Bon Secours soigne pour répondre aux besoins de santé et aux besoins spirituels des personnes. Mais, tout comme nos premières Soeurs adaptaient leurs services aux nécessités de leur temps, notre service aujourd’hui et notre compassion, doivent être en lien avec les besoins de la société actuelle pour être pleinement significatifs.. Nous devons continuellement nous demander : notre réponse aux malades, aux souffrants et aux mourants est-elle selon la compassion et la justice? Répondons-nous à ceux qui ont besoin de guérison? Dans l’Histoire de la Congrégation des Soeurs du Bon Secours nous lisons : " Elle va où l’on souffre , elle s’en va avec la souffrance." C’est une affaire de compassion. c’est une affaire de justice . Pour être fidèle à notre charisme et à notre but, Bon Secours doit toujours être touché par et toucher ce qui est tout autour de nous. "Emus de pitié, Jésus leur toucha les yeux et aussitôt ils recouvrèrent la vue." Les souffrances, les espoirs, les désespoirs, les aspirations des peuples d’aujourd’hui reflétant les besoins du monde d’aujourd’hui qui doivent nous toucher et être touchés par nous. Cela signifie que les façons d’exprimer notre charisme changeront. Nos Constitutions actuelles déclarent que "...Le charisme de Mère Potel, l’avait conduite auprès des malades et au chevet des mourants et s’était manifesté aussi par la prise en charge de l’éducation des enfants pauvres." Cependant, avec les changements notre compréhension grandit et de nouvelles expressions, de nouvelles façons de porter le charisme jaillissent. Bon Secours a une mission - un but - qui ne changera jamais. C’est un but religieux qui concerne notre prochain qui souffre. Bon Secours perdrait sa signification s’il n’était pas cela - ou ne serait pas - voilà la force qui le conduit. Notre charisme exprime avec force :
Bon Secours a donné corps à ces valeurs depuis nos débuts, mais notre habilité à reproduire la compassion et la libération dans leur sens chrétien est menacée aujourd’hui par certaines valeurs de la société d’aujourd’hui, valeurs qui continueront dans l’avenir Nous devons comprendre combien certaines valeurs de la société d’aujourd’hui nous poussent loin de notre prochain, ferment les portes aux nécessiteux, suscitent la pauvreté et conservent les pauvres et les démunis dans leur situation de misère. Nous devons apprendre à repérer ces aspects de la société qui détruisent la compassion, qui dénient la dignité de la personne humaine et ses droits en tant que personne créée égale par Dieu, qui dénient la totalité de la personne et écrasent l’esprit d’une personne. Quand nous vivons d’une façon qui divise les groupes et les individus nous détruisons la compassion. A la base de la compassion il y a que nous sommes tous interdépendants. Jésus dit: "Tous ceux qui sont malades je les guérirai; je les aimerai librement." Et sa compassion l’amène souvent à guérir même le jour du sabbat pour rendre droites les relations, en dépit des pressions sociales et religieuses que sont les interdits. La compassion de Jésus est justice. "Compassion en tant que justice est le genre de compassion qui règle aussi les relations entre les gens et leurs institutions." Nous sommes confrontés aujourd’hui à de gigantesques besoins qui appellent la compassion et la guérison. Face à ces besoins et aux influences de la société qui émoussent la compassion, nous sommes appelées à entrer en relation, pour créer des relations justes qui permettent à ceux qui sont dans un besoin de guérison d’être atteints sans distinction de race, de situation sociale ou de religion. Nous sommes en face des mêmes défis que les Soeurs en 1824: être touchées par les besoins de la société souffrante et toucher cette société de notre compassion, de notre disponibilité, de notre foi et de notre courage. Nous sommes appelées à remplir un rôle pleinement prophétique basé sur les valeurs judéo-chrétiennes, soutenant la cause des pauvres et des exclus de la société, et trouvant de nouveaux moyens pour réunir des soins personnels et de nouvelles capacités technologiques dans nos ministères. Immédiatement après le Concile Vatican II les Congrégations religieuses (avec tous les autres groupes dans l’Eglise) étaient appelées à examiner comment elles répondraient aux besoins du monde moderne. Les Soeurs du Bon Secours ont commencé à s’immerger dans ce renouveau en 1966. Nos Constitutions ont été ré-écrites en 1969. Et celles-ci, ré-écrites et reprises de nouveau (en 1971 & 1977). Notre réponse à l’appel pour la justice, à la lumière de l’enseignement et à la lumière des besoins du monde s’y reflétant clairement. Les Constitutions Bon Secours d’aujourd’hui, déclarent, dans le langage d’aujourd’hui et à la lumière d’aujourd’hui, ce qui a toujours été l’esprit et la richesse du Bon Secours: "Quelle que soit la forme prise par notre service, tous doivent en être bénéficiaires, sans distinction de situation sociale, de race ou de religion. Pour tous nous nous dévouons avec cet esprit de simplicité et de pauvreté, de courage et de cordialité, héritage de nos origines."(article 9) "Notre consécration religieuse nous confère un mandat d’Eglise, ...témoins de la Bonne Nouvelle d’amour, d’espérance, de justice et de paix...Mais le combat pour un monde plus humain n’est pas pour nous un choix facultatif : il fait toujours partie intégrante d’une annonce de l’Evangile. (Article 7). Il y participe de cette conviction : nos soins compatissants aident à croire que Dieu nous aime." (Cf Article 8) "Le cri des pauvres doit trouver un écho dans nos vies, et nous solliciter à travailler avec zèle à promouvoir la dignité de la personne humaine créée à l’image de Dieu. Il revient à chaque Soeur de la communauté d’éveiller les consciences aux exigences de la justice sociale. Conformément à la doctrine sociale de l’Eglise, nous devons proscrire de nos vies tout ce qui pourrait nous compromettre avec toute sorte d’injustice. Conscientes de notre responsabilité dans l’usage des ressources communautaires, nous nous efforçons d’agir dans un esprit de dépendance mutuelle et de solidarité avec les pauvres et les opprimés." (Article 47) "C’est une obligation de n’agir que conformément à la justice sociale dans l’administration prudente des biens de la Congrégation et de ses oeuvres apostoliques."(Article 48) Notre engagement religieux nous appelle à examiner notre fidélité à notre charisme dans notre mission; cela nous oblige à continuer de fournir un leadership Bon Secours dans cet espace de société, aussi bien dans notre vie individuelle que dans la vie de communauté, demandant compassion, guérison et libération. Nos Constitutions actuelles nous somment à cette évaluation ; "il demeure nécessaire de réfléchir et de discuter en communauté apostolique sur les implications profondes de notre mission, sur nos engagements présents et sur nos projets, puisque qu’un charisme est une force dynamique pour répondre aux besoins des temps et des circonstances...." (Article 11) et les Constitutions affirment notre créativité et notre réponse. "La variété de nos activités apostoliques aujourd’hui témoignera de la constante vitalité de ce charisme originel." (Article 4) Le défi face au Bon Secours est une chose formidable. Rencontrer ce défi exige des efforts, non seulement des Soeurs du Bon Secours, mais aussi des laïcs qui élargissent la famille du Bon Secours. Les laïcs apportent au Bon Secours leurs talents personnels et professionnels qui ont grandi par leur expérience particulière. Peut-être, souvent d’une façon plus importante, ils apportent au Bon Secours leurs dons spirituels qui ont aussi grandi par leur expérience. Nous avons besoin de leurs qualités et de leurs dons spirituels pour nous aider à étendre et à apporter toujours une nouvelle vie et de l’énergie aux efforts de Bon Secours pour enrichir et humaniser ce 21è siècle. Bon Secours s’efforce d’apporter notre BON DIEU - Notre "BON SECOURS", à ceux qui sont dans le besoin pour soulager la souffrance humaine à travers CE QUE NOUS SOMMES et CE QUE NOUS FAISONS. Bon Secours n’est rien s’il n’est pas compassion, c’est ce qui nous appelle à agir: à guérir et à libérer. La compassion de Bon Secours est de faire justice. C’est rendre le Royaume de Dieu visible dans notre vie et dans nos apostolats. A Bon Secours les personnes compatissantes qui subviennent aux besoins des autres révèlent un Dieu compatissant qui est la source de toute guérison et de toute libération. |
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